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Math (iel)

Avant toute chose, il est évident pour moi que je dois partager un bout de biographie située. Savoir d’où je parle, pour rendre visible à la fois mes privilèges et mes espaces d’oppression, saisir de la compréhension.
Mathilde Math REGNIER Thérapeute soin vibratoire Trame
J’ai 39 ans, je suis né.e dans une famille cisgenre hétérosexuelle, classe moyenne, blanche. Ma mère était infirmière et mon père employé dans un cabinet de géomètre. J’ai un frère aîné aujourd’hui capitaine de la marine marchande (exploration scientifique), et menuisier quand il est à terre. Je suis né.e valide et je le suis encore. Je suis resté.e en classe moyenne et j'ai pu faire des études. Je ne suis pas perçu.e comme une personne grosse, je ne suis pas discriminé.e à cet endroit là. J’ai été marié.e, puis divorcé.e et je suis parent de 2 enfants. Pour ce qui est du genre, j’ai été assigné.e fille à la naissance. Jusqu’à mes 38 ans, je ne l’ai jamais remis en question. Au printemps 2023, je fais un coming in, puis un coming out début 2024. Je me défini comme personne transgenre non binaire : je ne souhaite plus être assigné.e femme sans pour autant vouloir être un homme.

C’est un chemin qui démarre bien en amont de 2023-2024 de part ma politisation progressive depuis 2021 dans les milieux féministes, queers, écologistes, anti-patriarcaux, anti-capitalistes, mais aussi par les lectures sur les questions décoloniales, anti-validistes et anti-psychiatriques. Ces abords militants ont été et sont pour moi des regards sur le monde très formateurs et apportent une vision politique à la santé et au prendre soin, milieu dans lequel je me suis formé.e et déformé.e tant professionnellement que personnellement. J’ai obtenu un diplôme de soins infirmiers en 2008. J’ai exercé 7 ans en psychiatrie adulte et 7 ans en libéral à domicile. Par ailleurs, j’ai beaucoup cherché à me connaître, à changer, à trouver du soutien et en apporter avec des thérapies, des stages, ateliers et formations diverses, que cela soit dans le milieu du soin conventionnel ou alternatif, du développement personnel, spirituel (en dehors des religions monothéistes).

Ces 3 dernières années, j’ai découvert et je pratique plus régulièrement la méditation, la Trame (soin vibratoire) et l’hypnose (inspirée de François Roustang). Dans tous les cas, elles m’ont toujours apporté à minima du refuge, du calme, de la lucidité et parfois m’ont permis de trouver du « déplacement ». Comme si le monde, ma vie et ses épreuves pouvaient être abordées sous un autre angle.

Le besoin d’accompagner et d’être accompagné.e autrement s’est fait sentir pendant mes études sans pour autant rejeter tout du milieu médical et paramédical établi. Il est à mon sens essentiel d’allier les deux et dans tous les cas, difficile et non souhaitable de faire complètement sans le système de santé en place en France. Si les pratiques non-conventionnelles peinent à trouver reconnaissance (à tort ou à raison) au sein de l’académie de médecine, des sciences et du monde politique, il n’en demeure pas moins que les français.es se tournent vers elles, l’étudier est une nécessité. J'ai donc suivi un diplôme universitaire sur les transes cognitives et les états non ordinaires de conscience (examen en cours). En tant que professionnel.le de la santé, diaboliser les pratiques non-conventionnelles reviendrait à nier les parcours de soins et de recherche de bien-être de certain.es et donc d’altérer grandement l’alliance thérapeutique, de diminuer les chances de (re)trouver la santé, l’épanouissement de soi, l’empouvoirement. 
Le danger majeur est selon moi de tomber dans des dérives sectaires et complotistes et avant même cet extrême là, le risque est grand de tomber dans des discours et postures essentialistes, ainsi que d’asséner des croyances comme des faits établis. Le militantisme et la vie bien réelle et incarnée me remettent les pieds sur terre.

Il y a aussi en moi, un peu de la phrase d’un.e ami.e chèr.e (Trans, militant.e) il y a 3 ans qui est venue faire vaciller ce que j’étais à l’époque : « le développement personnel et le militantisme, c’est pas compatible ». Je me sentais pourtant appartenir au deux. Quelques mois plus tard, début 2022, les propos de Juliet Drouar (art-thérapeute, artiste, auteur, militant queer et activiste dans le milieu TransPédéGouine) : « le militantisme seul ne suffit pas et la thérapie seule ne suffit pas », un début de réparation de cet ébranlement et depuis, un cap dans ma réorientation professionnelle.

Ajourd'hui, "destigmatiser, partager et relier". Si ça n'en a pas toujours l'air, il y a du lien dans ce que j'entreprends. Il y a à agir selon moi à différents niveaux selon là où chacun se sent, se trouve : individuellement et collectivement, à la marge et au centre.

Voilà, une toute petite fenêtre de qui je suis.
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